Delhi ou Kanyakumari : les indiennes sont toujours dans une insécurité permanente

Voilà l’Inde qu’on aime pas, celle qu’on ne voudrait pas connaître et pourtant on ne peut l’ignorer.

Suite à l’évènement tragique et extrêmement barbare de Delhi (viol collectif et massacre d’une jeune fille dans un autobus le 16 décembre dernier), la cour suprême indienne s’est enfin exprimée pour condamner l’acte criminel et l’insécurité qui règne à Delhi.

Delhi détient le triste record de viols avec 24 206 cas de viols recensés par le Bureau National  des Records criminels en 2011. Pourtant ce chiffre est largement sous estimé, beaucoup de victimes ne portent pas plainte par peur des conséquences.

Parfois, ce sont les comissariats eux-même qui refusent de prendre les plaintes  soit parce qu’ils font mine de ne pas croire la parole de la  victime soit parce qu’ils estiment que l’affaire n’aura pas de suite.

De nombreuses manifestations ont secoué le pays après cette barbarie, mais l’Inde peine toujours à mettre en place des moyens pour rendre la vie quotidienne plus sécurisante pour les femmes indiennes.

Delhi fait parler de l’insécurité aujourdh’hui par cette affaire mais dans toutes les autres villes indiennes, les femmes sont aussi confrontées aux mêmes dangers.

Bien que les femmes mariées portent autour du cou le fameux “thaali” ou « mangalsutra » (symbole du mariage), cela n’empêchent pas les hommes de les regarder d’une manière très dérangeante, à les observer lentement de haut en bas et pendant plusieurs minutes que l’on soit au nord ou au sud de l’Inde. Rien que cette observation est une sorte d’agression et crée un sentiment d’insécurité et de mal être pour les femmes.

Combien sont-ils encore à harceler les femmes sur leur trajet du travail ou des études? Combien sont-ils à les harceler dans les transports en commun? Les bus et les trains sont tellement pleins, que la proximité permet à certains d’abuser d’attouchements.  Le cinéma indien évoque toutes ces situations auxquelles les femmes doivent faire face au quotidien. Les femmes elles-mêmes s’expriment pourtant dans les émissions de télévision ou se font entendre à travers les associations, mais les mentalités ont beaucoup de mal à changer dans un pays où la femme est considéré avant tout comme une subordonnée de l’homme.

Les étudiants, qui ont été les premiers à manifester dans les rues, suite à cette affaire ont réclamé la création d’une administarion qui se chargerait d’apporter des compensations financières pour les victimes d’actes criminels et d’élargir juridiquement la définition du viol et de reconnaître également le “viol marital”, estimant que le marriage ne devrait pas obliger les femmes à être toujours consententes. Beaucoup d’entre eux étaient aussi contre la peine de mort (Nalsar Law University) pour les responsables de ce crime alors que 76% des indiens réclameraient la peine de mort pour les violeurs. Le procès est en cours et avec la nouvelle ordonnance présidentielle du 3 février dernier, les coupables risquent véritablement la peine de mort.

Liens

– Plus d’infos sur l’affaire complète : http://en.wikipedia.org/wiki/2012_Delhi_gang_rape_case

 

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