Simantha ou Valaikappu : le baby shower indien

valaikappu ceremonieLe Simantha ou le Valaikappu, qu’on traduit littéralement par « la protection par les bracelets » est une cérémonie qui s’inscrit dans la tradition hindoue du pays tamoul mais célébrée aussi par d’autres communautés religieuses de l’Inde. Musulmans et catholiques ont eux aussi une variante de la fête des bracelets ou cérémonie des bracelets. Il existe aussi différentes versions de ce baby shower dans les différents états indiens. Par exemple, au Kérala, on appelle cette célébration le puli-kuti qui veut dire « boire le jus de tamarin », ce sont les Nairs qui sont à l’origine de cette tradition kéralaise. Au Gujart, on le nomme le Godh Bharna, au Penjab le Godhbarai.

Quoique leur nom change d’un état à l’autre, ces cérémonies indiennes sont toutes dédiées à la femme enceinte et célébrées au 7ème ou au 9ème mois de grossesse. Le rite consiste à bénir la femme et son futur bébé. Les familles viennent apporter leur soutien, les vœux de bonheur et de longue vie.

Les origines

Dans les textes hindous anciens, les Védas et Upanishads, le simantha est un des samskara du futur bébé, c’est-à-dire qu’il correspond au 3ème rite de passage. Dans la croyance hindoue, la femme enceinte est particulièrement vulnérable, elle peut être « attaquée par les démons » et le fœtus peut être « dévoré par des êtres cruels ». C’est pour cela que le rite du simantha doit permettre de protéger la femme enceinte et le fœtus et leur apporter toutes les bénédictions jusqu’à la naissance de l’enfant.

Aishwarya Rai baby shower
Aishwarya Rai baby shower

Ce rite est imposé dans la plupart des textes pour la première grossesse seulement car la bénédiction reçue pour le premier enfant reste valable pour les hindous pour toutes les autres grossesses.

Le jour choisi est un jour défini par un prêtre en fonction d’une étoile de bon augure et d’une étoile « mâle ». La pratique du rite a beaucoup évoluée depuis l’écriture de ces textes anciens à nos jours et surtout cette fête n’est pas seulement célébrée par les hindous.

La cérémonie : De la pratique ancienne à l’adaptation actuelle

Ce que disent les textes

Tout dépend de la caste de la famille et de sa religion, en ce qui concerne le déroulement de la cérémonie. Traditionnellement, le simantha est célébré par les parents de la femme enceinte, chez eux mais la cérémonie peut se faire aussi chez l’époux. Aujourd’hui, beaucoup de familles le célèbrent dans une salle de fête et donnent la même importance que la réception d’un mariage par exemple.

D’après les textes, Après les puja (prières) et l’oblation, la femme enceinte est assise devant un feu, tournée du côté de l’ouest. Son mari doit se tenir près d’elle et doit la coiffer en allant du haut de la tête vers les pointes de ses cheveux, avec une guirlande de fleurs et de plantes assez particulière, tout en récitant un mantra. Le mari doit ensuite attacher une autre guirlande autour du cou de la femme, qui symbolise sa fertilité. Ensuite, il lui présente des bols contenant du riz, des sésames et du ghee, symboles de prospérité et de longue vie.

Les musiciens sont présents et jouent du luth et les femmes chantent des paroles héroïques pour influencer le futur bébé comme « sois mère de fils héroïques ». Cela fait référence aux Aryas qui étaient de grands guerriers à l’époque de l’Inde antique. Ils finissent la cérémonie par un festin et la bénédiction de la femme.

Dans la pratique

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Aujourd’hui, ce n’est plus le mari qui coiffe, mais les femmes qui attachent les cheveux de la femme avec une guirlande de fleurs composées spécialement pour la cérémonie. Lorsqu’il s’agit de familles hindous, le prêtre est présent et fait réciter les mantras mais dans les autres religions, on se contente seulement du simple rituel qui consiste à bénir la femme par les autres femmes. Les éléments nécessaires à la cérémonie sont quant à eux inchangés : Fleurs, fruits, noix de coco, feuilles de bétel, kumkum, le curcuma, l’eau de rose, pâte de santal, kuthu villaku (les lampes indiennes à l’huile).

Les bracelets

valaikappu2Les bracelets sont le symbole de cette cérémonie, ils sont essentiels dans le déroulement du rituel. La future maman doit porter beaucoup de bracelets en verre et de toutes les couleurs. En effet, le son provoqué par les bracelets en verre doit apporter de la joie au futur bébé. D’après la tradition, les bracelets ne doivent être retirés seulement qu’au moment de l’accouchement. Certains hindous considèrent que la femme doit porter son sari de mariage alors que d’autres demandent qu’un sari neuf soit attaché sur elle en ce jour particulier.

La mère de la future maman doit préparer 7 ou 9 (selon le mois de cérémonie) variétés de plats sucrés, salés, astringents, amers, acides, épicés afin de satisfaire les désirs de la femme et de son bébé. En général, ce sont des plats comme le riz au citron, le pongal (riz sucré), riz au cumin…

Les invités présents bénissent la femme et son futur bébé et lui offrent des cadeaux. Le rituel de bénédiction consiste à faire passer les femmes une à une, pour appliquer du kumkum sur le front de la femme, à poser un peu de la pâte de santal sur les joues, à jeter du riz sur sa tête, à l’arroser avec de l’eau de rose et à lui mettre des bracelets. Enfin, après la bénédiction, les invités sont servis et la fête peut s’achever.

Le simantha symbolise le respect envers la femme qui donne la vie, c’est une cérémonie essentielle car elle apporte le soutien familiale nécessaire dans cette étape de la vie d’une femme indienne.

3 thoughts on “Simantha ou Valaikappu : le baby shower indien

  1. Super article très complet! Merci pour ces informations. Avez-vous organisé un Simantha en France? Si vous êtes intéressée pour partager quelques photos et informations culturelles sur notre blog, nous serions ravis de faire découvrir ce beau rituel à nos lecteurs!

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