L’éducation indienne ou la fabrique du génie

Le film Pasanga-2 ( Pasanga signifie « enfants » en tamoul) est une véritable satire de la société indienne, un film à voir absolument. On y voit la réalité cruelle de l’éducation indienne : des enfants qui même avant leur naissance portent le poids des rêves inassouvis des parents, des années d’études jour et nuit à oublier de jouer et de rêver, des parents qui investissent sur leurs enfants comme sur les chevaux de courses et des écoles devenues des entreprises des plus lucratives.

Très peu de réalisateurs indiens choisissent des enfants comme héros de leurs films, pour le réalisateur tamoul Pandiraj, il s’agit de la troisième œuvre cinématographique d’une trilogie sur les enfants. Pasanga 1 mettait en scène des enfants issus de la classe moyenne dans une région rurale, le second film Marina abordait la survie des enfants de la rue. Pasanga 2 s’attaque au monde urbain en montrant l’éducation au sein des familles aisées et en pointant du doigt les pathologies liées à l’attention et à la concentration des enfants.

De nombreuses critiques négatives sont apparues après la sortie de Pasanga 2, disant que le réalisateur a voulu surtout donner une leçon de morale aux parents et à la société indienne. Or, beaucoup de films ne sont pas que des divertissements, le rôle des auteurs, réalisateurs et acteurs, est aussi de faire passer un message, sans doute pour bousculer les mentalités indiennes, et pour ma part, je trouve que c’est plutôt courageux.

Effectivement, le réalisateur a fait le choix de traiter ce sujet à travers deux prismes. D’abord par la pédagogique puisque qu’il y a un personnage de médecin pédopsychiatre, interprété par l’acteur Surya, qui a donc vocation à enseigner, à expliquer, à conseiller les parents sur l’éducation de leurs enfants. C’est donc tout naturel que quelques scènes s’attachent à illustrer toute cette pédagogie parentale. Ensuite, il a mis l’accent sur le ridicule et l’ironie tout au long du film en montrant des scènes typiques lors de l’accouchement ou de l’inscription à l’école par exemple.

L’autre personnage est une maîtresse d’école (Amala Paul) qui enseigne dans une sorte d’école de la deuxième chance pour aider les enfants à retrouver le plaisir d’apprendre et à être soi-même.

Le film explore avec beaucoup d’humour, d’amour et d’émotions la vie des enfants en ville et invite à réfléchir sur la manière dont les Indiens éduquent leur progéniture, en voulant fabriquer un génie à tout prix, au détriment du bonheur de l’enfant lui-même.

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