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La réforme de l’éducation nationale en Inde en 10 points clés

34 ans après la dernière révision de sa politique éducative, le gouvernement indien a annoncé une réforme ambitieuse, appelée « la Politique nationale d’éducation (NEP) ».

L’accent est mis sur la renaissance des langues indiennes au détriment de l’anglais, qui deviendra sans doute davantage une langue élitiste. Bien que la NEP mette en avant l’apprentissage par l’expérience, avec des salles de classe interactives, la pédagogie intégrée et l’éducation basée sur les compétences, beaucoup de questions restent encore sans réponses, notamment sur les moyens de sa mise en place et sur la formation des enseignants. Enfin, le gouvernement a aussi peut-être oublié les 4,4 millions d’élèves handicapés qui ont besoin d’une présence physique d’un professeur et d’une attention particulière. Seul le temps nous dira, si cette politique sera bien appliquée dans la pratique et si elle aidera à redonner confiance aux jeunes générations. Voici en résumé les 10 points clés de la réforme.

1) Une nouvelle structure : La NEP modifie la structure actuelle 10 + 2, qui couvrait la scolarité de la classe 1 à la classe 10 (6 à 16 ans) puis la classe 11 et 12 (16 à 18 ans).

La NEP le décompose désormais en niveaux de base préparatoire, collège et secondaire. Il y aura donc 5 ans de formation de base, 3 ans de cours préparatoire et 3 ans de collège et 4 ans de secondaire. La nouvelle structure comprend trois ans d’éducation préscolaire pour les enfants de 3 à 6 ans dans le but de fournir un accès généralisé à l’éducation préscolaire par le biais des anganwadis (structures d’accueil locales) et de l’expansion de l’école actuelle.

 

 

 

2) Objectif savoir lire, écrire, compter et coder: On estime que 50 millions d’élèves du primaire ne sont pas compétents en lecture et en écriture, ainsi qu’en addition et soustraction de base. Avec la NEP, un enfant qui arrivera en classe 3 devrait avoir les compétences de bases en lecture, écriture et calcul. A partir de la classe 6, l’élève apprendra aussi à coder, un pari bien ambitieux dans un pays qui a déjà beaucoup de mal à équiper ses écoles en sanitaires.

3) Les élèves apprendront 3 langues durant leur scolarité, dont deux langues indiennes et une langue étrangère. La langue d’enseignement jusqu’à la classe 5, voir 8 et plus sera la langue de la maison- langue maternelle- langue locale. Le gouvernement central a précisé que ce sont des directives générales et qu’il appartient à chaque État de l’appliquer selon ses propres critères. Les élèves auront alors le choix de choisir entre une autre langue indienne ou étrangère à partir de la classe 6 ou 7. Aucune langue ne sera imposée dans un État. Il y aura également une standardisation de la langue des signes.

4) Des examens du secondaire remodelés : Les examens de 10 et 12e classes seront plus faciles et évalueront les compétences générales. Les tests ne seront plus basés que sur la mémorisation de connaissances mais davantage sur la compréhension. Les élèves pourront repasser leurs examens nationaux une fois et seuls les meilleurs scores seront pris en compte pour l’obtention du certificat. Les examens seront sous forme de questions à choix multiples ; et aussi des questions à rédiger. Ces changements seront pris en compte pour la session 2021.

5) Une plus grande liberté disciplinaire : Les élèves auront plus de liberté pour choisir les sujets qui leurs plaisent, même s’ils ne sont pas complémentaires. Un élève qui est littéraire peut aussi prendre un cours de maths s’il le souhaite. Cette flexibilité n’est pas possible actuellement. Les évaluations seront donnés à des niveaux de compétences différents ( standard et avancé).

6) Des stages pratiques : Il y aura aussi 10 jours dans l’année « sans cartable », pour un stage selon leur choix. Pour encourager l’apprentissage et l’enseignement professionnel.

7) Un test d’entrée pour l’équivalent post-bac: il sera fait 2 fois par an, supervisé par l’Agence nationale de contrôle (NTA) Les universités seront libres d’ajouter des tests supplémentaires. Ce sera en vigueur à compter de l’année 2022. Les étudiants pourront quitter la fac après un an d’études avec un certificat, après 2 ans avec un diplôme ou après une licence de 3 ou 4 ans.

8) Libéralisation de l’enseignement supérieur : Les universités étrangères pourront s’installer en Inde et les meilleures institutions indiennes pourront aussi avoir des filiales à l’étranger. Les ont aussi plus de flexibilité dans les choix des cursus proposés.

9) Boycott du mandarin : La (NEP) a supprimé le mandarin suite aux tensions avec la Chine. Pourtant, le plan d’enseignement du mandarin dans les écoles indiennes et de l’enseignement de l’hindi dans les écoles chinoises faisait partie d’un programme d’échange éducatif signé par les deux pays en 2006, qui a été renouvelé par le Premier ministre Modi lors de sa visite en Chine en 2015.

Dans la version provisoire de la politique publiée en mai 2019,le mandarin apparaissait bien. Les langues étrangères pouvant être enseignées dans les écoles et étant citées dans le document officiel sont : le coréen, le japonais, le thaï, le français, l’allemand, l’espagnol, le portugais et le russe.

10) L’influence du RSS (organisation de droite nationaliste hindoue) est incontestable : le gouvernement du BJP a travaillé avec un grand nombre d’organisations qui ont interagi avec le ministère, les universitaires et les institutions. Les affiliés RSS comme le Bharatiya Shikshan Mandal (BSM) et Shiksha Sanskriti Utthan Nyas (SSUN) et Bharatiya Bhasha Manch ont participé dans le pays à travers 40 grands séminaires et interactions avec 6000 académiciens et institutions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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