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Un retour aux sources réussi

Aurélie-Shama, est une femme très enthousiaste, qui a tout de suite accepté ma demande de partager son histoire personnelle, sur sa double culture. D’origine indienne, elle a été adoptée par un couple de français à l’âge de 9 mois dans un orphelinat de la banlieue de Bombay. Elle a passé toute sa vie en France, dans une petite ville près de Nantes. Après des études en BTS Tourisme, elle a travaillé en tant qu’agent d’accueil et de développement touristique pour des offices de tourisme, et en tant que guide, puis elle a acquis une expérience professionnelle dans l’animation en centres de loisirs et en séjours itinérants. Aujourd’hui, elle enseigne le français langue étrangère (FLE) dans une école internationale à Chennai.

C’est en 2005, à 25 ans qu’Aurélie-Shama met les pieds en Inde pour la première fois. « Je ne m’étais pas renseigné sur le pays et quand je suis arrivée sur cette terre indienne, j’ai eu l’impression d’être rentrée à la maison, rien ne me surprenait. » Pour certains enfants adoptés dit-elle « il y a un profond désir, quelque chose de presque viscéral que de vouloir savoir d’où l’on vient et de découvrir ses racines. Je suis restée 8 mois en Inde lors de ce fameux retour. »

Aurélie-Shama a eu l’opportunité de partir en Inde un peu par hasard. Elle avait fait connaissance avec une française qui vivait en Inde et qui l’avait invitée à séjourner dans “ce beau pays” comme elle le souligne. C’est ainsi qu’elle a pu être accueillie chez cette hôte les premiers mois. Ce voyage initiatique n’était pas un voyage ordinaire, c’était une reconnexion avec ses origines : « Ce n’était pas que du tourisme, mais davantage du feeling, je voulais ressentir le pays » affirme-t-elle.

Durant ce séjour, Aurélie-Shama visite le pays, elle voyage beaucoup, un peu partout en Inde et retourne aussi à l’orphelinat. Mais cette rencontre tant attendue, fut décevante me raconte-t-elle : « c’est l’Inde, même si on prévient qu’on arrive dans deux jours, il n’y a pas d’organisation, je n’ai pas été bien reçue ou du moins pas comme je l’espérais ... » Ce premier voyage, pas vraiment préparé, et sans réels questionnements, a été d’abord une manière de découvrir une partie d’elle-même sans avoir de quête particulière : « Je suis partie sans me poser des questions, je ne suis pas partie pour retrouver mes parents biologiques, je sais qui sont mes parents, j’ai une famille en France, je suis claire avec ça. Et je trouverais étrange pour moi de vouloir chercher des personnes qui m’ont abandonnée. »

Puis, elle a continué ses explorations malgré l’angoisse et l’incompréhension de ses parents : « Mes parents ont eu peur car je suis restée 8 mois, c’était trop long pour eux. Et en plus, le retour a été difficile, fracassant, car en quelque sorte je rejetais la France. »

En 2009, elle repart pour l’Inde mais ne reste qu’un mois et demi, à Delhi et à Vârânasî, et l’envie d’y retourner plus longtemps est très forte. Le destin frappe une nouvelle fois à sa porte, avec une offre d’emploi. Un poste à Manali, dans l’Himalaya, en contrat local mal payé, mais elle y va. « Je suis restée un peu plus d’un an dans les montagnes en tant que responsable marketing pour une agence de voyage, puis, j’ai quitté ce travail pour venir à Pondy, et plus tard vivre à Chennai où j’ai exercé divers emplois. Depuis 3 ans, je suis installée ici, et aujourd’hui je m’épanouie en exerçant un nouveau métier qui me passionne : enseignante Français Langue étrangère, tout en me formant ».  Maintenant, elle a pris ses repères à Chennai, elle se plait dans cette grande métropole du Sud de l’Inde et adore enseigner.

Aurélie-Shama pense qu’il est important de faire un voyage dans le pays d’origine sans trop avoir d’attentes particulières. « Dans mon cas, j’aurai peut-être dû faire ce voyage en famille et plus tôt, à l’adolescence, au collège par exemple car j’ai subi beaucoup d’attaques liées à ma différence là où je vivais à l’époque. Cela aurait pu m’aider sur les questions d’identité que je me posais à ce moment-là et sur ma confiance en moi. » Elle rappelle aussi qu’il est essentiel de vivre les choses comme elles se présentent et de s’adapter, de faire attention aux codes de l’Inde et de tenter de les respecter.

Le fait d’être d’origine indienne, mais de ne pas savoir d’où exactement, ne la dérange pas outre mesure. En revanche, elle aime porter ses deux prénoms :  français et indien. « Il y a un trait d’union entre mes deux prénoms, cela fait partie de mon parcours de vie, c’est comme une sorte de pont entre ces deux continents.  J’ai un pied en Inde et un pied en France.”

 Au bout de 6 ans de vie en Inde, il y a encore des choses qui la perturbent et qui ne sont pas toujours faciles à accepter : « comme le fait que parfois on me fasse la leçon, car en apparence je suis indienne mais j’ai eu un mode de vie à la française. Je sais que je dois m’ajuster car j’ai fait le choix de vivre ici » dit-elle. Et lorsqu’on lui demande ce qu’elle apprécie en Inde, Aurélie-Shama semble avoir bien compris le paradoxe de ce pays : « J’aime la diversité de ce pays, j’aime les couleurs et les odeurs des rues. L’Inde est pour moi comme une grande cour de récréation remplie d’enfants et ils me font rire ! J’aime également cette ambivalence permanente propre à l’Inde, il se passe toujours quelque chose, je ne m’ennuie jamais, c’est tout le temps en mouvement… »

Si vous voulez aussi découvrir l’Inde et que vous avez besoin d’aide et de conseils pour votre voyage, n’hésitez pas à m’écrire via le formulaire de contact. 

 

vinna

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2 commentaires

  1. Merci pour cet article. Aurélie-Shama, aime les odeurs de l’Inde!

    1. Merci Véronique pour votre lecture !! Et oui moi aussi j’aime les odeurs de l’Inde mais les plus agréables bien sûr!! 🙂

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